Sans_titre-4bouton_portfolio_bis 

     Créatrice de Porcelaines personnalisées

phrase_haute_coul

Sans_titre-5LA PORCELAINE A TRAVERS L'HISTOIRE.

 

Révélons les secrets de la porcelaine ...

Depuis le XVIIIe siècle, date des premières productions de porcelaine dure, la notoriété de la porcelaine de Limoges s’est développée au point que le nom de la ville évoque instantanément l’art de la porcelaine.

Avant cette date, l’histoire de la céramique européenne peut être considérée comme la longue recherche entreprise par l’Europe pour percer le secret de fabrication de la porcelaine, découverte en Chine à l’époque Tang (VIIe-IXe). La fascination qu’elle exerça s’explique en grande partie par le mystère qui parut longtemps miraculeux d’une argile permettant d’obtenir, grâce à l’alchimie du feu, une matière blanche, translucide, brillante et sonore.

Même si les européens maîtrisaient alors certains arts du feu tels que le verre ou la faïence, il leur manquait un matériau indispensable, le kaolin*, qui donne à la porcelaine blancheur, dureté et translucidité.

----------

 

 

En Chine.

Tout a commencé en Chine au VIIe siècle de notre ère . La porcelaine trouve son origine et son développement, grâce aux importants gisements de Kaolin, argile blanche indispensable à la fabrication de la véritable porcelaine.

Les premières porcelaines ont été fabriquées en Chine sous la dynastie Tang (618-907). Les mélanges des ingrédients et les techniques de cuisson à très haute température dérivèrent des techniques utilisées dans la fabrication de poteries en terre cuite.

C'est au Xe siècle sous la dynastie Song (960-1279)  que commence le grand essor de la céramique chinoise. Les fabriques se multiplient et la production abondante prend une extrême variété. La céramique des Song est faite d'une terre kaolinique,   cuite à haute température et presqu'entièrement vitrifiée. L'émail épais, est d'une qualité rare et d'un raffinement de couleur. L'époque Song est par excellence celle des monochromes et déjà se constituent les principales variétés dont la fabrication se poursuivra aux époques suivantes. Ce sont :

" Les Blancs ", spécialité de la fabrique de Tingtchéou, dans la province de Hopei, transférée à partir de 1127 à King-tô-tchen. L'ornementation consiste en motifs floraux, branches, lys, pivoines, lotus finement gravés dans la pâte ou moulés en léger relief.

" Les Céladons ", fabriqués principalement à Longts'iuan dans la province du Chehiang: céramiques lourdes, à décor gravé ou moulé, recouvertes d'un émail uni ou craquelé de couleur indéfinissable, dans la gamme des verts bleutés ou grisâtres. Cet émail atteint une égalité de ton due à l'application minutieuse de neuf couches superposées. La vogue des " Céladons " a suscité de nombreuses imitations et leur fabrication se poursuit jusqu'au XVIIIe siècle. Très appréciés en France, c'est alors qu'ils reçurent par analogie de couleur avec les rubans verts de " Céladon " héros de l'Astrée, le nom sous lequel on les désigne encore aujourd'hui.

Les " Flammés " de Tchun-tchéou, pièces aux formes simples, sans aucun ornement, doivent leur beauté aux somptueuses glaçures qui les recouvrent. L’émail gras se marbre de couleurs, du violet bleu sombre à traînées rouges, au bleu de ciel et au mauve strié de rose.

" Les Bruns " et " les Noirs " de Kien-Yang : petites coupes coniques, bols à thé propres à la fabrication Song, sont dits " Fourrure de lièvre " ou " Oeil de perdrix " en raison de leur émail luisant, brun foncé ou noir finement strié de brun doré. Ils ont été collectionnés par les Japonais qui les imitèrent dans les " Temmoku " de Seto.

En 1280, la dynastie Song est renversée par les Mongols, et ce bouleversement contribue à modifier considérablement les styles de la porcelaine.

La renommée des porcelainiers chinois ne prit corps véritablement qu’au début du XIVe siècle. Après l'expulsion de l'envahisseur mongol, la puissante dynastie des Ming (1368-1644) s'établit pour trois siècles. L'âge d'or de la porcelaine commence. Appliquée aux usages les plus divers, statuaire, décor architectonique, mobilier, elle prend un essor prodigieux. Le principal centre de production est la " Manufacture impériale de King-tô-tchen ", située sur le lac PoYang près de Nankin. Son activité éclipse les vieilles fabriques Song.

Le style d'une belle ampleur décorative au XVe siècle, évolue au XVIe siècle vers une manière plus recherchée. Les formes simples semblent créées en vue de recevoir le plus somptueux des décors. Le goût des émaux multicolores succède à celui des monochromes, et du XIVe au XVIIe la palette ne cesse de s'enrichir.

Les "pièces à décor peint " sont les plus caractéristiques. Au XVe siècle, les couleurs appliquées directement sur la terre crue s'incorporent pendant la cuisson à la couverte. La première couleur sous couverte est le "Bleu musulman" (oxyde de cobalt), importé d'Asie Occidentale, qui valait trois fois son poids d'or et qu'on réservait aux commandes impériales.

Au XVIe siècle, le goût de la polychromie se développe dans la série désignée, sous le nom de "Trois Couleurs ". Les couleurs dominantes sont le jaune, le vert et le violet aubergine .

Puis la technique se complique dans les pièces dites "Cinq Couleurs " surdécorées à l'aide d'émaux posés sur la couverte après la cuisson. Ces émaux qui doivent être fixés par une cuisson supplémentaire, gardent un relief sensible au toucher. D'abord employés pour rehausser les décors bleus, ils prennent de plus en plus d'importance.

Les émaux rouge corail ou rouge de fer dont l'usage se généralise, ont fait désigner la " Famille Rouge " un groupe de pièces de la fin de la période Ming.

On continue, d'autre part, la fabrication des " monochromes " Song auxquels le XVe et le XVIe siècles ajoutent le décor en " glaçures de diverses couleurs ".   Les émaux appliqués séparément sont retenus par de minces filets d'argile qui cernent le dessin à la manière d'un cloisonnage.

 

En Europe.

Du côté de l’Europe, c’est lors de ses nombreux voyages en Chine  entre 1275 et 1291, que Marco Polo remarque une céramique fine et translucide inconnue en Occident. Il la baptise "porcellana" du nom d'un coquillage nacré en forme de vulve de truie (porca: femelle du porc en latin) très prisé des romains. Fierté des Empereurs du Céleste Empire, la porcelaine enflamme l'esprit des princes et têtes couronnées de l'Europe entière.

Après 1498, avec l'ouverture de la route des Indes par Vasco de Gama, c'est la ruée. Un commerce régulier s'établit entre l'Extrême-Orient et l'Europe. Portugais au XVIè siècle, Hollandais, Anglais et Français aux XVIIe et XVIIIe siècles se disputent le monopole des importations de ces merveilleuses porcelaines chinoises que l'on baptisa "Porcelaines de la Compagnie des Indes".

A la Renaissance, potiers et alchimistes portés par l'esprit scientifique de l'époque et encouragés par des mécènes n'ont de cesse de rechercher le secret de la porcelaine chinoise. De toutes ces expériences, ce sont celles des Médicis à Florence et des princes français au tout début du XVIIIe siècle à St Cloud, Chantilly, Vincennes... qui sont les plus probantes. Elles donnent naissance à la "porcelaine tendre". Celle-ci a l'aspect de la porcelaine chinoise mais n'en a ni la dureté ni la sonorité. Il manque l'élément principal, le kaolin toujours inconnu à cette époque en Europe.

En 1709 en Saxe, l'arcaniste Böttger découvre la formule de la porcelaine dure et identifie par hasard un gisement de kaolin. La première manufacture de porcelaine dure hors de Chine est fondée à Meissen. Le secret en est jalousement gardé. Il faut attendre 1767 en France pour que la première porcelaine dure à base de kaolin du Limousin sorte des fours de la Manufacture de Sèvres. Vers 1765 à St Yrieix la Perche en Haute-Vienne, la femme du chirurgien Jean-Baptiste Darnet utilise une terre blanche et onctueuse comme savon pour laver son linge. Son mari voulant commercialiser la découverte fortuite de sa femme, s'adresse à un pharmacien de Bordeaux pour en mettre la formule au point. L'apothicaire Villaris identifie la précieuse matière et au terme d'une rocambolesque aventure parvient à vendre sa découverte à la Manufacture de Sèvres.

A partir de 1768 le kaolin est régulièrement extrait des carrières de St Yrieix la Perche et alimente les manufactures parisiennes. En 1771, sous l'impulsion de l'intendant Turgot, la première manufacture de porcelaine voit le jour en Limousin, la Manufacture Grellet frères-Massié-Fournérat. Ainsi aura-t-il fallu plus de 4 siècles à l'Occident pour percer le secret de la porcelaine chinoise et que naisse la porcelaine de Limoges...

Après la Révolution française, la production reprit et les manufactures se multiplièrent en Haute-Vienne. En 1827, il existait déjà seize manufactures, et en 1850, elles étaient plus de trente. Leur histoire est très complexe car, non seulement leur nombre est très important, mais elles se créèrent et déclinèrent au gré des crises politiques et économiques.

Quelques manufactures de renom marquèrent cette période, notamment celles de Baignol, Pierre Tharaud, François Alluaud et du comte de Bonneval. A partir de 1830 la production, tout en continuant à produire beaucoup de vaisselle de table, se dirigea vers l’art décoratif sous l’influence d’artistes parisiens, tels que les bronziers .

Les expositions universelles furent un facteur d’émulation et de développement  pour les manufactures. C’est pourquoi à partir de 1851 elles marquèrent leur production afin d’être reconnues par les milliers de visiteurs qui se rendaient à ces expositions. La maîtrise et le savoir-faire technique des manufactures étaient incontestables. C’est l’époque où les entreprises s’attachèrent à développer la notion de Blancs de Limoges, afin de vanter à la fois la qualité  des kaolins et la perfection des techniques de fabrication. Les pièces présentées sont en effet remarquables par leur forme parfaite et leur blancheur  .

Outre les blancs devenus fameux, Limoges développa la technique du grand feu qui permettait d’obtenir des coloris élégants et subtils.


---------------- ---

 

*Le kaolin (du chinois kao = haut + ling = colline; allusion aux endroits de la Chine où il existe des gisements de cette matière), ou Terre à porcelaine est une argile blanche très pure, avec laquelle on fabrique la porcelaine. Le kaolin est un silicate d'alumine hydraté plus ou moins mélangé de quartz, de mica, de silicate de potasse, de fragments de feldspath, etc. Il a un éclat nacré ou terreux et est maigre au toucher, c'est-à-dire rugueux sous les doigts; il happe légèrement à la langue, est infusible au chalumeau, mais se laisse attaquer par l'acide sulfurique bouillant.

Le kaolin provient de la décomposition de différents silicates d'alumine dont les principaux sont : le feldspath, les granits, les pegmatites, les porphyres, le gneiss, les trachytes. Il ne se trouve donc que dans les terrains primitifs ou volcaniques où il y forme des veines, des filons ou des amas.

La Chine et le Japon possèdent de nombreux gisements de kaolin. Il y en a aussi de vastes dépôts en Russie, en Allemagne (Saxe) aux environs de la petite ville de Meissen, en Angleterre, en France. Les principaux gisements français sont ceux de Saint-Yrieix, du Vigen, du Chambon, etc. dans la Haute-Vienne; des Pieux près de Cherbourg, d'Alençon, de Louhossoa (Pyrénées-Orientales), etc.

Certaines variétés de kaolin moins pures que celle qu'on emploie pour la confection des porcelaines dures ont reçu des noms particuliers : telles sont : la smélite de Hongrie, le savon de montagne ou oropion de Plombières, la cimolite de la Mer Egée, etc.

Pour préparer la pâte dont on fait la porcelaine, on délaye sous l'eau du kaolin mélangé avec du sable fin d'Aumont (Oise), un peu de craie et du petit sable feldspathique. Il faut que toutes ces matières soient préalablement réduites en une poudre impalpable. Quand elles ont formé avec l'eau une bouillie claire, on place celle-ci dans des sacs de toile que l'on soumet à la presse pour chasser l'eau, et il ne reste plus qu'une pâte ferme que l'on marche, que l'on pétrit et qu'on laisse pourrir pendant plusieurs années dans une cave humide afin de déterminer la décomposition des matières organiques que cette pâte peut contenir.

Après avoir subi toutes ces opérations préliminaires, la pâte peut être façonnée en vases sur le tour de potier, par le moulage ou par le coulage. Il ne reste plus qu'à lui donner le dégourdi, à la revêtir d'une couverte de pegmatite et à la cuire dans un four à porcelaine.